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Comment connaître les émissions de CO₂ de votre argent?

Trois questions à poser à votre banquier

Si vous vous intéressez à la construction durable, vous accordez sans doute beaucoup d’attention aux émissions de CO₂ des matériaux et des techniques. Mais saviez-vous que l’argent a lui aussi une empreinte carbone ? Votre banque est en effet un acteur à part entière de votre chaîne de valeur. Voici trois questions à poser si vous cherchez un financement avec les émissions les plus faibles possible.

De plus en plus de maîtres d’ouvrage regardent aujourd’hui l’ensemble du tableau derrière un bâtiment. Si vous tenez compte de l’origine de votre financement, cela peut aussi faire la différence dans le cadre d’appels d’offres ou de sélections. Mais comment s’y prendre ? Marc de Hertogh, relationship manager Real Estate chez Triodos Bank, identifie trois questions essentielles dans la recherche d’un financement durable.

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1. Quelle quantité de CO₂ votre banque émet-elle ?

Avec un peu de recherche, il est possible de se faire une idée de l’impact climatique d’une banque. En général, les banques publient des données sur leurs émissions directes (bâtiments, flotte de véhicules, énergie, fournisseurs), mais aussi sur l’impact indirect des projets et des entreprises qu’elles financent.

« Lorsque les émissions sont exprimées en tonnes par million d’euros, cela devient intéressant, car cela permet de comparer », explique Marc de Hertogh. « Chez Triodos Bank, cette information figure tout simplement dans notre rapport annuel. L’an dernier, chaque million d’euros prêté représentait 10 tonnes de CO₂ émises. C’est un chiffre qui diminue chaque année, car nous y travaillons activement. »

Plus une banque investit dans les énergies fossiles, plus ses émissions indirectes sont élevées. Mais les énergies fossiles ne sont pas les seules activités problématiques. Il faut aussi penser aux armes, au tabac ou encore à la déforestation. « Chez nous, toutes les activités nuisibles sont exclues du financement, et cela est inscrit dans nos critères minimaux. Parce que nous avons fait le choix d’une banque durable sur l’ensemble de nos activités, nous figurons depuis longtemps en tête du classement de la Bankwijzer, publié par les ASBL FairFin et Financité. »

2. Quelle place la durabilité occupe-t-elle dans une décision de crédit ?

Pour de nombreuses banques, la logique financière prime : elles prennent leurs décisions en fonction des coûts (loan-to-cost), de la valeur du bâtiment (loan-to-value) et de la rentabilité d’un projet. Chez Triodos Bank aussi, les chiffres comptent, mais ils viennent seulement en second, après l’impact ou la contribution positive du projet. « Nous n’allons jamais vous demander de réduire les coûts en utilisant du béton plutôt que du bois, bien au contraire », explique Marc de Hertogh. « Si votre projet mise pleinement sur la durabilité, beaucoup de choses deviennent possibles. »

On reconnaît aussi une banque qui prend réellement la durabilité au sérieux au fait qu’elle réfléchit à l’ensemble du cycle de vie du projet : finance-t-elle également les premières étapes, comme l’achat et la mise à nu d’un bâtiment, alors qu’aucune plus-value n’est encore créée ? Une période de lancement plus longue ou une durée plus étendue sont-elles envisageables ? « Chez Triodos Bank, nous proposons nous-mêmes ce type de solutions, parce que nous voulons réellement voir émerger davantage de bâtiments durables et innovants. C’est notre engagement, aussi vis-à-vis de nos épargnants », précise Marc de Hertogh.

3. Que fait la banque de votre argent pendant qu’il se trouve sur votre compte de projet ?

La politique d’investissement générale est importante, mais à quoi sert concrètement votre argent entre deux factures ? Dans le cadre d’un projet, des montants importants restent souvent longtemps sur les comptes de sociétés momentanées ou d’associations temporaires, par exemple sous la forme d’avances versées par les maîtres d’ouvrage ou de bénéfices encore à répartir. Cet argent aussi a une empreinte carbone, selon ce que votre banque finance avec lui.

Il est donc utile de demander explicitement comment sont gérés les fonds de projet et les réserves de trésorerie. Sont-ils versés dans un pot commun qui finance également des activités polluantes ? Ou vos comptes peuvent-ils être liés à un portefeuille qui finance exclusivement des projets durables ? Pour Marc de Hertogh, la réponse est claire : « Tous les projets que nous finançons avec l’argent déposé sur les comptes de nos clients contribuent, chacun à leur manière, à un monde meilleur. Cet impact positif n’est pas une niche dans notre offre : il constitue l’ensemble de notre offre. »

En posant ces questions, la relation avec votre banque ne se limite plus aux taux d’intérêt et aux durées de remboursement, mais porte aussi sur l’impact. Vous montrez ainsi que vous choisissez vos financeurs avec le même degré d’attention que vos matériaux et vos techniques. Le choix de votre banque devient alors un levier supplémentaire pour réduire encore l’empreinte carbone de vos projets.

Auteur
Isabel Wagemans